E-Malezieux Consulting Auvergne : Management opérationnel des situations de travail

Agir pour être durablement bien dans votre travail

A propos d'Elisabeth Malézieux-Mbana

 

Elisabeth Malézieux-Mbana, une personne aux multiples facettes!

 

Consultante passionnée du terrain de l’entreprise !

Elisabeth Malézieux-Mbana est mariée et maman d’une fille. Diplômée en philosophie, psychologie et management des ressources humaines. Ses centres d’intérêt et ses compétences dans le conseil, la formation et l’accompagnement la conduisent : dans l’enseignement supérieur, le développement des territoires et d’entreprises, le recrutement, le reclassement, l’ingénierie des compétences et le management opérationnel.

A ce titre, elle fit partie à plusieurs reprises, de l’équipe de consultants opérationnels, dans le cadre des dispositifs nationaux innovants : premier CQPM de la Métallurgie, Avantages pour l’industrie… Du fait de ses activités, Elisabeth Malézieux-Mbana bénéficie d’un vécu terrain riche, qu’elle qualifie de palpitant et de gratifiant :

« Arriver dans une entreprise et prendre en main une situation insatisfaisante au départ, la traiter avec les équipes en place et parvenir à des indicateurs de performance qualificatifs et quantitatifs percutants, impacte très positivement les équipes et leur environnement de travail. Et je peux vous dire, que cela irrigue les vaisseaux sanguins, rajeunit l’esprit et le corps.  

Voir les gens se transformer sous ses yeux et savoir qu’on y est pour quelque chose, c’est un pur bonheur ! Je ne demande pas plus. A par mettre mes acquis au service de ceux (entreprises, organisations, particuliers) qui pensent que je peux leur être utile.

En plus c’est très instructif ! Avoir par exemple une idée de la façon dont on fabrique un ski, du papier, des pièces automobiles, des clôtures, des tissus, des caisses en métal ou en bois ; voir comment on transforme l’aluminium…, c’est juste merveilleux ! Ça change le rapport avec l’objet. On lui attribue une âme. On le respecte. Car à l’ombre de cet objet, ce sont des équipes, des compétences multiples, des heures et des heures de travail, des frayeurs, des joies, des victoires. Vous comprenez donc pourquoi, j’aime tant l’univers de l’entreprise et surtout l’industrie ».

 

Une active aux multiples passions et talents !

En plus du conseil et de la formation, Elisabeth Malézieux-Mbana pratique l’écriture, l’art, la couture et le design textile.

  • A la question, comment faites-vous pour faire tout ça ?

Elle répond : « j’ai besoin de faire fonctionner mes deux hémisphères (gauche et droit), pour trouver mon équilibre. Ce qui évite le stress, facilite l’organisation car l’esprit est clair, disponible et permet de garder le contrôle. Finalement, je fais beaucoup de choses sans effort.

Vous savez, nous sommes un tout et je pense que c’est vraiment important de faire fonctionner ses deux cerveaux au travail et dans la vie de tous les jours. Tout le monde doit pouvoir lever de temps en temps le nez, pour se laisser sortir de soi par l’art par exemple ».

  • Et vous fonctionnez ainsi depuis combien de temps ?

« Une éternité je pense. Avec le recul, je baigne dans tout ce que je fais aujourd’hui depuis mon enfance. J’ai toujours été active et multi compétences ».

 

Elisabeth Malézieux-Mbana, les pieds sur l’étrier professionnel bien avant l’heure :

« En réalité, j’ai été précoce dans mes domaines d’activités (le conseil et la transmission des savoirs et savoir-faire, l’écriture, l’art & design et la couture). Et la fougue et la détermination qui m’habitent toujours à ces moments-là me sont précieuses.

Concernant le conseil et la transmission des savoirs et savoir-faire, je voyais faire mon grand-père (expert du cacao, lorsque des jeunes ingénieurs venaient visiter sa plantation pendant les vacances) et mon père (comptable pour l’armée et la police). Je les ai vus conseiller et former des personnes dans leurs domaines respectifs.

Mais au-delà, j’ai véritablement semé ma graine de consultante un soir, lors d’une réunion de famille. J’avais treize ans.

Ce soir-là, alors que nous étions en vacances au village, un émissaire vint toquer à la porte pour annoncer à papa, que le grand chef souhaitait le voir à la réunion qui se déroulera le… à telle heure.  C’était ce genre de réunion où les femmes étaient autorisées à assister, mais pas à prendre la parole.

Le jour dit, je demande à mes parents de les accompagner. Papa me regarde un peu étonné. Puis, hausse les épaules et accepte.

… Foule de patriarches sont assis. En face d’eux, le reste de l’assistance. Les hommes devant. Les femmes derrière. Et moi, je suis assise à côté de maman. J’ai beau fouillé dans mes souvenirs, je ne retrouve pas pour l’instant l’ordre du jour. Mais il me semble que le sujet était assez sérieux pour qu’il y ait autant de monde et comme en témoigne le front plissé des patriarches.

La réunion commence. Le débat se déroule dans le climat. Les hommes parlent à tour de rôle… Les femmes comme d’habitude, ne disent rien. Puis, il eut un moment de silence.

Je me souviens juste que j’ai levé timidement mon petit doigt. Geste capté par un patriarche. Lequel secoue la tête, comme pour bien se réveiller et être sûr de ce qu’il voit. Et avant que quelqu’un d’autre ne prenne la parole, le voilà qui dit :

Attendez ! je crois que l’enfant assis là-bas veut parler !

Quel enfant ? Demande quelqu’un.

L’enfant assis là ! Répond-il

Plus d’une dizaine de paires d’yeux se retournent.

Aka, ne fais pas attention ! Disent des voix en chœur.

Hé, baisse cette main ! Nous ne parlons pas ici, renchérissent plusieurs mamans.

Tandis que d’autres invectivent ma mère : « Non Mélanie ! Elle n’a pas le droit de parler ici, dis-lui de se rasseoir ! »

Mais ma mère reste imperturbable. Tandis que mon père m’observe avec sévérité en silence. Quant à moi, je garde mon petit doigt levé.  

Mais si, si ! Rétorque le patriarche. Tu as quelque chose à dire mon enfant, c’est bien cela ?

J’acquiesce d’un signe de tête.

Alors dis-nous !

Dans cette assemblée silencieuse, curieuse et ponctuée de regards féminins désapprobateurs, je pris la parole et donnai mon avis. Le patriarche me remercia…

A la fin de la réunion, il appela papa et me demanda d’approcher. Puis, il prit ma main et la plaça dans celle de papa en lui disant :

Joseph, cette enfant est perspicace. Prends l’habitude de l’écouter.

C’est ainsi qu’au fil du temps et des évènements, papa prit l’habitude de solliciter mon avis. Cette proximité m’amena à m’intéresser à son travail. J’étais curieuse de voir comment il s’y prenait avec ces jeunes officiers de l’armée qui parfois, les week-ends, venaient à la maison pour bénéficier de son éclairage…

C’est certainement de là que vient mon amour pour le conseil, la formation et l’accompagnement. Aujourd’hui, je suis convaincue, qu’à l’âge adulte, chacun possède en lui ses orientations professionnelles, fruit d’un croisement de séquences de vies.

 

Pour ce qui est de l’écriture, il faut dire que les profils familiaux sont plutôt littéraires. A l’école primaire, j’étais en CE2 qu’on venait me chercher pour aller expliquer les règles de grammaires aux élèves de CM2. Ce qui m’avait valu beaucoup d’animosité dans ces classes-là. Et en cinquième, je faisais partie de l’équipe de rédaction du journal du collège. En classe de terminale, je décrochai le deuxième prix de philosophie…

 

Quant à l’art, la couture et le design, ma grand-mère était une potière renommée dans les contrées au centre du Cameroun, mon pays d’origine. Je me souviens qu’elle réalisait de belles choses. Puis, j’ai commencé à coudre à l’âge de six ans, en observant ma mère. Je confectionnais des vêtements de poupées que j’offrais ou troquais avec mes copines. A la même époque, je m’initiai aux tresses. Et en classe de quatrième, je remportai le premier prix de coiffure. En 1992, la France en collaboration avec l’Europe, lança le concours de créativité « Champagne ». On me demanda de représenter la société Singer, j’obtins le deuxième prix… 

Ce qui me fait le plus plaisir, c’est que sans le savoir, je me préoccupais déjà de l’environnement à l’époque. En fait, je m’approvisionnais dans la poubelle du tailleur de mon quartier. A la fin, il me mettait carrément les chutes de côté. Et comme il connaissait bien mes parents, il avait fini par leur suggérer de m’orienter vers une formation en couture. »

 

Vous êtes répertoriée artiste d'Auvergne. Comment définissez-vous l’art ?

Pour Elisabeth Malézieux-Mbana, l’art c’est,

« Une aventure vers l’inconnu. C’est sortir quelque chose du néant. Mais c’est aussi, transformer le banal en contemplatif. C’est pourquoi, je voue un grand respect à tout acte de création. Créer, c’est ce que j’appelle « sortir de soi ».

Car à ces moments-là, on agit dans un contexte d’abstraction d’affects total, on n’est plus en colère, on n’est plus triste. On est suspendu dans un espace-temps, en symbiose avec son idée, son matériel, son atelier et ses gestes. On n’existe plus dans sa chair, on plane ! Ce qui procure un bien infini. Et je crois qu’ils ont aussi besoin de ressentir collectivement ces sensations en entreprise ».

 

Si vous aviez ici des leçons de vie à partager, ce serait lesquelles ?

Elisabeth Malézieux-Mbana évoque ce qu’elle appelle « ancrages fondamentaux » :

1) En fin de compte, je suis plus que jamais convaincue que rien n’arrive par hasard. On a toujours un contexte d’influences qui impacte nos orientations professionnelles. Celui-ci qui peut se trouver au sein de sa famille, de son environnement académique … Je me souviens à cet instant précis de mon professeur de philosophie de terminale. Un homme si brillant, qui donnait l’impression que la seule discipline valable et intéressante au monde était la philosophie !

2) Pour ma part, je fonctionne à la passion. Il est important d’aimer ou d’apprendre à aimer ce qu’on fait pour être épanoui. Cela aide à prendre de la hauteur, à relativiser les déconvenues et à respecter ses engagements sans se faire violence.

Et je peux témoigner qu’occuper son temps à faire ce qu’on aime, sans esprit de compétition aucune, est : a) salvateur, car contribue à la sérénité et préserve la vie. b) régénérateur d’énergie, on ne se fatigue pas, au contraire ! Par exemple, à l’époque où je présentais mes créations à des défilés de mode, je pouvais travailler sur un modèle jusqu’à trois heures du matin et être au taquet le lendemain pour animer mon intervention. Aucune fatigue ! J’étais plutôt pleine d’énergie !

3) La vie professionnelle n’a jamais été et ne sera jamais un long fleuve tranquille. Aussi, lors des turbulences, il suffit de s’asseoir, de fouiller au fond de soi, pour retrouver les pistes nécessaires et se donner un nouvel élan.

4) Dans un monde trop exigeant comme le nôtre, on peut facilement s’oublier, d’où l’intérêt d’être vigilant.

Pour cela, il est important :

a) De toujours prendre le temps de s’écouter, pour connaitre ses réels besoins.

b) D’avoir toujours à l’esprit que la perfection est ennuyeuse et éviter de passer sa vie à lui courir après. On peut véritablement être en accord avec soi-même et les autres sans être parfait. Et d’ailleurs, qui est parfait sur cette terre ? Personne, je crois.

c) De se pardonner ses erreurs, ses faiblesses, ses maladresses, ses indignités. Le mieux, c’est de les considérer comme de simples cailloux sur son parcours de vie et de les balayer avec douceur et détermination une bonne fois. De sorte qu’ils ne deviennent pas une seconde nature.

Et une fois délesté de ces écueils, on constate qu’on avance vers ce qui est mieux pour soi dans la vie. Telle est du moins ma philosophie et c’est grâce à elle que j’ai toujours su rebondir plus haut.

d) Qui n’a pas déjà entendu dire que la vie est faite de hauts et de bas ? Cela est une réalité. Mais nous, nous avons le choix de cultiver ou non les premiers et de tirer ou non les leçons des seconds, pour mûrir, avancer, changer, se regénérer et atteindre nos objectifs.

Et dans une très large mesure, chacun est l’artiste de sa vie. Ce sont nos pensées positives, nos actions équitables, nos passions, notre authenticité et notre créativité (capacité à sortir quelque chose de nulle part, à part de nous-même) et notre pugnacité, qui apportent la teneur à notre vie et en définissent les concours.

e) D’éviter de faire du tort à autrui, fusse-t-il une odieuse personne, pour préserver ses ressources personnelles et ne pas les polluer.

f) Et avant de m’arrêter, je recommanderai d’avoir de l’amour, de la considération et de l’admiration pour soi-même. Nous sommes notre meilleur ami. Et continuer de regarder avec foi l’avenir et d’agir, même s’il l’horizon parait nuageux comme dans le contexte pandémique actuel. C’est le meilleur antidote qui existe pour transformer positivement notre vie ».